Tir à l'Arlequin

Un des tirs des plus amusants, des plus excitants. Toutefois, ce tir est également assez déroutant, par le genre de blason de tir utilisé. 
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Il s'agit d'un blason, représentant une circonférence morcelée en zones diverses, aux formes géométriques différentes. Dans chaque zone est inscrite une valeur numérique. 

Le score à réaliser, est fixé par tirage au sort. On place dans un tonnelet de tirage au sort, autant de jetons qu'il y a de tireurs participants. Les jetons ont chacun une valeur inscrite comprise entre 60 et 100. Chaque participant tire au sort un jeton qui représente le score idéal qu'il devra atteindre, en six flèches.

Le tir se fait au pas de tir des dix mètres. A cette distance, l'ensemble des couleurs perturbe la vision.  Pour permettre aux tireurs de visualiser plus facilement les zones à atteindre, un blason identique à celui qui est au but, est placé près d'eux.
Ce tir est offert par les Roys de l'année, c'est-à-dire ceux qui, au moment du Tir à l'Arlequin, sont détenteurs des colliers spécifiques. Et donc, les Roys de tir de l'année ne participent pas à ce tir.
Déroulement du tir:
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Peuvent participer à ce tir, les Compagnons et les Arbalétriers Agrégés uniquement. De plus, ceux-ci doivent avoir participé, au minimum, à un tir désignant un Roy.

Les Arbalétriers sont appelés au pas de tir, selon l'ordre croissant des scores à atteindre. Chaque participant, dispose d'un coup d'essai sur un blason standard, type UNAB, avant d'entamer son lancer de six flèches sur le blason coloré.
Toute flèche, atteignant la zone colorée, est comptabilisée, et toute flèche dont l'impact se situe hors du blason coloré, N'EST PAS comptabilisée. De plus, l'Arbalétrier qui plante une flèche en dehors du blason coloré, se voit, à chaque fois, infliger une amende d'un Euro. Après trois impacts en dehors du blason coloré, la flèche suivante, aura, en guise de pénalité, sa valeur augmentée d'une valeur comprise entre 1 et 5, tirée au sort. Quatre impacts en dehors du blason coloré, entraîne l'élimination du tireur.Lorsque l'impact de la flèche se situe sur la ligne démarquant deux ou plusieurs zones, le choix de la zone, et donc de la valeur numérique, est laissé au tireur, et ceci de manière définitive.

L'Arbalétrier qui atteint son score, en moins de six flèches, doit néanmoins poursuivre son tir de telle manière que six flèches soient comptabilisées.
Est proclamé vainqueur, l'Arbalétrier qui atteint exactement le score idéal, tiré au sort.
Si aucun Arbalétrier n'atteint exactement le score idéal, le vainqueur sera celui qui s'en approche le plus, soit par défaut, soit par excès.
Au cas où plusieurs Arbalétriers atteignent leur score idéal, ou sont à égalité dans la proximité du score par défaut ou par excès, un tir de barrage sera alors exécuté sur un blason coloré. L'Arbalétrier, dont l'impact de la flèche se situe le plus près du centre du blason, est alors proclamé vainqueur.
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Tir du KATUIT

Ce tir est toujours le dernier tir de l'année civile. Il est donc important à plus d'un titre. C'est avant tout le respect d'une tradition réinstaurée par un ancien Doyen-Chef, très grand champion de tir, auquel j'ai eu l'honneur de succéder. Si historiquement, le tir de ce nom se faisait sur blason rond, l'invention de la perche couchée, est géniale et permet de pratiquer la discipline, au moyen d'un autre type de flèche.
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Ensuite, c'est l'occasion pour les Compagnons de se retrouver une dernière fois avant un repos prolongé, dû à la "trêve des confiseurs".
Ce tir est vraiment délassant, plaisant et divertissant, et il produit normalement toujours une ambiance terrible, empreinte d'une franche camaraderie. Enfin, c'est un tir pour lequel le silence n'est pas de rigueur, et les boute-en train, s'en donnent à cœur joie pour le plus grand bonheur de tous les Membres.
Selon une tradition bien établie, ce tir doit être offert par le Doyen-Chef. En cas d'empêchement de celui-ci, c'est obligatoirement le Second-Doyen, et à défaut les Jurés qui l'offrent.
 
Le tir, donc, se pratique sur une perche couchée, ou horizontale, à une distance de 10 mètres. Sur les tiges pointues de la perche, sont fichés des blochets emplumés, figurant des oiseaux.
Ces oiseaux sont, dans l'ordre décroissant, au centre un Coq (l'élément le plus important, dit "supérieur"). Sur la ligne suivante, à gauche la première poule et à droite la deuxième poule. Sur la deuxième ligne à gauche la première cane et à droite la deuxième cane. Sur la dernière rangée, une série de cailles, dont le nombre est laissé à l'appréciation du donateur. Néanmoins, il faut que la perche soit garnie de neuf oiseaux minimum. Toutefois, il est une tradition de voir neuf ou dix cailles en plus des gallinacés supérieurs. Un oiseau abattu en dehors de l'ordre prévu, est replacé sur la perche, et le tireur fautif est sanctionné d'une tournée générale à offrir à l'ensemble des membres tireurs ou non. Pour les cailles uniquement, aucun ordre n'est imposé.
Malheureusement, la tradition a été révisée, et de facto, les Compagnons ne peuvent plus décrocher que deux oiseaux, ce qui diminue l'attrait spécifique de ce tir unique en son genre.
Pour chasser,décrocher ou extirper les blochets des tiges de la perche, les arbalétriers utilisent des flèches  à bout plat, semblables à celles utilisées pour le tir à la grande perche verticale, mais d'un gabarit plus réduit, la distance n'étant que de dix mètres.
Le Doyen-Chef tire le premier, en sa qualité de donateur des prix, mais uniquement au démarrage de la première ronde. S'il arrive à décrocher le coq, cet oiseau est replacé sur la perche, et pour le récompenser, la Gilde lui offre une consommation. Les Compagnons prennent place au tir dans l'ordre défini par un tirage au sort. Les compagnons arrivés après l'ouverture officielle du tir, prennent toujours place en fin de liste, mais avant des membres adhérents ou sympathisants. Effectivement, avec l'accord du Doyen-Chef, des membres adhérents ou sympathisants peuvent être autorisés à participer, et, dans ce cas, ceux-ci tirent toujours en fin de tour.
Selon la tradition, chaque ronde, ou tour, est annoncé par un sonnerie de cloche. Le participant, qui, à l'appel de son nom, ne se présente pas à temps au pas de tir, perd son tour dans la ronde.
  
Tir de la Saint-Georges
 
S'il y a un tir auquel notre vénérable Gilde ne peut faillir, c'est évidemment celui qui se déroule à la fête de Saint-Georges, Patron du Grand Serment. Le Saint martyr est fêté le 23 avril. Traditionnellement, les Arbalétriers du Grand Serment Royal et de Saint-Georges, se réunissent le 23 avril, si cette date tombe le jeudi, jour habituel de leur réunion, soit le jeudi ou le samedi, le plus proche du 23 avril. Historiquement, ce jour-là, se déroulaient et un tir spécial et le banquet de la Saint-Georges, dans les locaux mêmes de la corporation..
Mais les temps changent, de même que les mentalités, malheureusement, et ces dernières années la tradition ne fut plus respectée. On vient fort heureusement de revenir au banquet, même si celui-ci est dissocié du tir, et placé le samedi le plus proche de la Saint-Georges. De même, alors que les tirs se pratiquaient aux distances des 10 et 20 mètres, de nos jours, une troisième distance, le 6 mètres est venue s'ajouter aux deux premières.
 
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Saint-Georges en bois - XVIe s.(Musée de la Porte de Hal)
 
Ce tir, en principe, est offert, par la Gilde, à tous les Membres Compagnons, Agrégés, Apprentis en règle de cotisation. Passant outre à la coutume, la participation des membres adhérents tireurs est maintenant également admise. 
Chaque participant tire dix flèches fixes sur la cible standard de trois blasons, réparties à raison de trois flèches dans le premier blason, trois flèches dans le deuxième blason et quatre flèches dans le troisième blason. Néanmoins, le tireur a également la faculté de tirer quatre flèches d'essai, s'il le souhaite.
Le vainqueur est le tireur qui réalise le score le plus élevé dans la discipline qu'il a choisie. En cas d'ex-aequo, le principe ou la méthode de décompte dite de "l'Union Nationale des Arbalétriers de Belgique" est appliquée, c'est-à-dire que le gagnant est le tireur qui a réalisé le plus haut point par la dernière flèche. Et si des ex-aequo persistent encore à ce niveau, c'est le meilleur score de l'avant-dernière flèche qui est retenu, et ainsi de suite.
Traditionnellement, la Gilde fixait son choix sur un prix de prestige, différent chaque année, pour en gratifier l'heureux vainqueur. Ô tempora, ô mores, pour reprendre la fameuse exclamation de Cicéron dans les Catilinaires, cette coutume aussi a malheureusement été effacée, annulée de facto et, depuis peu, un challenge en étain, sur lequel est gravé le nom du vainqueur, constitue le prix de référence. Cette pièce reste la propriété de la Gilde et est exposée dans le local. 
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