Rue des Arbalétriers

    Cette artère, qui est située dans le bas de Bruxelles, n'est pas très ancienne. Elle date de  1920. Elle s'ouvre dans la rue des Visitandines et longe un ensemble d'habitations modestes, bâti  après la première Guerre mondiale, au coin des rues des Visitandines et du Miroir, à l'endroit où se trouvait un couvent ancien dit des "Soeurs Noires". Ces religieuses dispensaient l'instruction aux enfant pauvres de la paroisse de la Chapelle. Ce couvent a malheureusement été détruit de même que les impasses qui l'entouraient.
    La rue des Arbalétriers arrive à angle droit avec la rue des Escrimeurs, qui elle-même longe l'arrière de la rue Blaes et aboutit à la rue du Miroir, dont elle est séparée par de grandes grilles fermées. Cette rue des Arbalétriers est donc en fait une impasse.

Impasse de l'Arbalète (disparue)

    Cette célèbre impasse bruxelloise du quartier populaire de la rue d'Anderlecht a été détruite au début du XXème siècle. Elle s'ouvrait dans l'étrite rue des Navets, à la hauteur du numéro 30. L'impasse de l'Arbalète, pendant au moins une centaine d'années, donnait accès à une blanchisserie, dont le pré à blanchir s'étendait derrière les maisons de la rue des Six-Jetons.     Ce pré fut transformé ultérieurement en jardin-guinguette attenant à un cabaret de la rue des Six-Jetons. Ensuite c'est le Tir Communal qui fut édifié sur une partie de cet ancien jardin. Elle ne prit ce nom officiellement, semble-t-il, qu'en 1853, du fait, vraisemblablement, des tirs à l'arbalète du Grand Serment de Saint-Georges, qui se déroulaient dans ce lieu.
Grâce au rencensement de 1876, on sait qu'il y avait quatre maisons dans l'impasse de lArbalète. Y demeuraient six familles comptant au total 27 personnes. Treize de celles-ci se nommaient Fastenaekels.

Rue de l'Arbalète (disparue)

    C'était le nom, donné au XVIème et XVIIème sicècle, à la partie actuelle de la rue des Eperonniers, qui va du Marché-aux-Herbes au Marché-aux-Fromages, en direcxtion de la place Saint-Jean. L'autre section de la rue des Eperonniers se nommait rue du Marais, voire encore rue du Marais Saint-Jean.

Impasse du Grand Serment (disparue)

C'est une étroite impasse de la rue Vander Elst, à la hauteur du numéro 5, qui reçut  ce nom en 1853. Elle ne subsista pas très longtemps, puisqu'elle fut démolie en 1870 afin de permettre le percement du boulevard de la Senne, actuellement boulevard Emile Jacqmain.
Cette impasse comptait 3 maisons qui abritainet au total 19 familles. Le quotidienl'Indépendance, explique que plusieurs familles durent être expulsées manu militari.

Rue du Grand Serment

    Dans les années cinquante, tout le quartier populeux, dénommé le "Coin du Diable"(Duivelshoek), qui s'étendait entre le Rempart des Moines, la rue Notre-Dame-du-Sommeil et la rue Vandenbranden, a été démoli, rasé, pour tracer cette rue, bordée de logements sociaux.     Ce quartier est très ancien et comportait trois rues petites et étroites: les rues du Char, du Rossignol et du Coin du Diable. Parmi ces trois rues, la plus animée était la rue du Rossignol.
Elle comptait plusieurs impasses, comme par exemple, du Vinaigre, du Pupitre, de la Blanchisserie de Cire, du Refuge. Les petites maisons de ces impasses étaient disposées autour de cours intérieures, ce qui donnait à ce quartier un aspect béguinage brugeois, encore plus réel par les statuettes de saints disposées dans des sortes d'alcôves au-dessus des portes ou au fond des impasses.
    La rue du Grand Serment évoque le souvenir du Grand Serment Royal et de Saint-Georges, qui s'était effacé pendant quelque temps et qui avait repris une grande activité à ce moment, notamment au Tir Communal, rue des Six Jetons.

Impasse de la Flèche (disparue)

    Cette impasse s'ouvrait à la hauteur du numéro 15 de la rue des Pierres (dans sa section qui a actuellement pour nom: BORGVAL, qui aboutit rue Saint-Géry. Elle était fort longue et parcourait les jardins pour arriver à la rive intérieure de la Senne. Elle compatit 4 maisons, très peulplées, puisqu'elles occupaient 15 familles pour un total de 53 personnes. On trouve mention de cette impasse déjà en 1662, sous le nom dePijlpoorte, qui est traduit en 1774 en Porte aux flèches. Son nom est dû à un jardin, ou champ de tir à l'arbalète ou à l'arc en bordure de Senne.

Rue d'Isabelle (disparue partiellement)

    Il est à remarquer qu'il est écrit rue d'Isabelle et non rue Isabelle! Etonnant, puisqu'on ne dit pas rue de Jean Stas, place de Morichart ou Boulevard de Emile Jacqmain! Il se fait que, selon l'usage du temps, tous les textes anciens, de même que les plans mentionnent la "rue d'Isabelle".
Cette rue, qui était disposée parallèlement à la rue Royale, en contrebas et traversait le site actuel du Palais des Beaux-Arts, a, malheureusement, été rayée de la carte de Bruxelles au début du XXème siècle. 
    La rue d'Isabelle avait été tracée en 1625, le long du rempart de la première enceinte, sur les souhaits de l'Archiduchesse Isabelle, d'où son nom. En fait, la petite-fille de Charles Quint volait bénéficier d'une voie directe entre la Cour et l'église Sainte-Gudule, où elle se rendait quotidiennement, pour y faire ses dévotions, mais avec beaucoup de difficultés pour la circulation de ses équipages dans les petites rues tortueuses. Cette rue partait de la Chapelle du Palais (dite de Charles Quint), dont les murs et les voûtes sont visitables actuellement sous la Place Royale, à la hauteur du bâtiment de l'ex Lloyds Bank et arrivait rue de la Chancellerie qui conduisait à la Collégiale. Le tracé de la rue traversait le terrain d'entraînement des Arbalétriers, situé sur le côté intérieur du rempart primitif (l'ancien Fossé aux Chiens ou  Honsgracht).
    L'Archiduchesse souhaita les dédommager et fit bâtir à front de la nouvelle rue, adossé au vieux rempart, à leur usage exclusif, une vaste construction carrée, comportant une "salle de festins" et un logement pour le Doyen-Arbalétrier. L'Infante Isabelle fit aussi édifier toute une série de maisons identiques, des deux côtés de la rue, destinées aux archers de la Garde Noble et aux hallebardiers de sa Garde Bourgeoise. La Gilde des Arbalétriers fit construire également des maisons pour ses membres. La rue fut donc entièrement bordée de maisons. Des barrières défendaient les accès à cette rue et le commun des mortels ne pouvait donc circuler dans cette artère réservée à ses habitants, à la noblesse et aux gens de la Cour. Il était interdit d'y exercer tout métier bruyant. Il y avait certaines contraintes: aucune maison ne pouvait dépasser en hauteur le mur de la vieille enceinte, afin qu'il soit impossible de jeter des regards indiscrets dans la Warande ou la garenne ducale (parc de Bruxelles actuel), 
    La grande maison des Arbalétriers (dénommée Domus Isabellae a eu toute son importance dans l'histoire de Bruxelles. C'est dans cette maison que furent entreposés les livres, incunables, manuscrits, estampes, qui purent être sauves de la Bibliothèque de Bourgogne lors de l'incendie de 1731, qui détruisit le palais du Coudenberg. La Domus Isabellae devint  "La Bibliothèque". Toutefois ce lieu souffrit de l'humidité provoquée par es nombreuses sources qui alimentaient les fontaines du bas de la ville, et les livres menacés furent transférés, en 1790, au Palais du Gouvernement (ancien hôtel de Nasau, place du Musée).
Quelques années plus tard, en 1796, la Domus Isabellae fut démolie et on y construisit, à sa place, le grand escalier, dit "de la Bibliothèque" (actuellement rue Baron Horta), qui donne accès à la rue Royale, créée en surplomb peu de temps auparavant, sur les remblais dont on avait comblé le vallon séparant la Montagne-du-Parc de la nouvelle Place Royale.
Lorsque Guimard réalisa le très beau projet de la Place Royale et de la rue Royale mise à niveau et bordée  de constructions de hauteur identique, les hôtels du côté nord-ouest de la place Royale, c'est-à-dire l'ancienne Cour des Comptes et le bâtiment de la Lloyds Bank se retrouvèrent au-dessus de la chapelle de Charles Quint et du début de la rue d'Isabelle. Ils y furent érigés au-dessus à l'aide de grandes quantités de remblais. C'est ainsi qu'il est possible de nos jours de visiter, dans ces sous-sols, un tronçon de la rue d'Isabelle qui a encore son pavement d'origine et les grandes voûtes de la chapelle impériale. Mais avant ces grands travaux,  la rue d'Isabelle survécut pendant 120 ans. Elle subsista dans l'ombre des factueux hôtels de maître de la rue Royale et des célèbres banques de la Montagne du Parc, formant alors un coude avec la rue Terarken, où aboutissait les escaliers déscendant des rues Villa-Hermosa et Ravenstein.
Au XIXème siècle, cette rue, habitée par des professeurs, des avocats, des huissiers, des fonctionnaires, était très respectable. Au numéro 32 de la rue, en face de l'escalier de la Bibliothèque, se trouvait le plus vaste bâtiment, le pensionnat Héger. Et il comportait un grand jardin de récréation, qui était en fait l'ancien jardin d'entraînement des Arbalétriers, dernier vestige de l'ancien Fossé-aux-Chiens, planté de majestueux tilleuls et entouré de vigne vierge. 
    Le nom de l'école Héger est restée dans les mémoires par certains de ses célèbres pensionnaires de la littérature mondiale: Emily Brontë, auteur des  "Hauts de Hurlevent",Charlotte Brontë, sa soeur, qui écrivit "Jane Eyre" et surtout "Villette", qui est l'histoire de son amour à Constantin Héger, son professeur.
La pension subsista jusqu'en 1908, sous la direction de Louise Héger, fille cadette de Constantin. 
    Une autre maison de la rue d'Isabelle, le n°42 eut aussi une grande importance. Il y avait là, l'atelier d'imprimerie Taelman. On y imprimait l'hebdomadaire  "Le Passe-Temps" dont l'éditeur n'était pas moins que Emile Rossel, qui avait été corecteur au très célèbre Journal de Bruxelles. En 1887, le 10 décembre exactement, Emile Rossel faisait sortir de l'imprimerie Taelman le premier numéro du Soir, dont la distribution était gratuite ! Ce quotidien, bien connu de nos jours tant au plan national qu'internationalement a donc 120 ans.
La rue d'Isabelle, qui fut sacrifiée pour la réalisation de la fameuseJonction Nord-Midi et également en vue de la construction du Palais des Beaux-Arts, et dont la démolition débuta en 1908, reste avant tout, une rue mythique, légendaire, par la situation de la non moins légendaire Corporation des Arbalétriers de Bruxelles.
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La rue d'Isabelle en 1895. Dans le fond, la place Royale(Coll. d'Osta)

(Voir aussi : le paragraphe : "Les situations Géographiques des Arbalétriers de Bruxelles")

Place du Jardin aux Fleurs (Souvenir)

    Ce lieu n'est devenu officiellement une place qu'en 1955. Auparavent ce n'était qu'un carrefour formé par le croisement des rues des Chartreux, Plétinckx, des Six Jetons, 't Kint, des Fabriques et Notre-Dame-du-Sommeil. Après la démolition du légendaireBloemehof (Jardin aux Fleurs), café-guinguette et surtout jardin des Arbalétriers du Grand Serment Royal et de Saint-Georges, le Conseil communal souhaita que cette place rappelle le nom du célèbre Jardin aux Fleurs, qui pendant un siècle demeura l'attraction majeure de la rue des Six Jetons, qui au début du XXème siècle était une rue bourgeoise respectée, et dont les maisons étaient occupées par des médecins, avocats etc, et notamment le n°68 où officia pendant une dizaine d'années le cabinet spécialisé de Me Pierre STAES, avocat près la Cour d'Appel de Bruxelles. Actuellement la place a été complètement rénovée et réorganisée.

Impasse Saint-Georges (disparue)

    C'était en fait une sorte de couloir qui reliait la rue des Six-Jetons à l'Impasse de la Barbe. Cette impasse de la Barbe, qui au XVème siècle se dénommait rue du Chant d'Oiseau (Vogelsangstrate), devint rue de la Barbe, parce qu'elle longeait la brasserie Den Baert.             D'autres textes du XVIème siècle indiquent rue Derrière la Barbe ou Achter den Baert. D'autres encore rue de la Grille ou rue de la Petite Grille, en raison d'une grille qui barrait la Senne à l'entrée de la ruelle. Ce qui est évident c'est que cette voie était naguère une rue, c'est-à-dire qu'elle avait une issue: à son extrémité s'ouvrait l'Impasse Saint-Georges, qui elle-même se jetait dans l'Impasse des Ardoises, laquelle aboutissait dans la rue des Six-Jetons. 
    L'impasse Saint-Georges, ou ce couloir, disparut avec toutes les autres impasses entre le début du XIXème siècle et 1910 lors du réaménagement de la place Fontainas et la construction du grand immeuble de la Maison des Huit Heures. Son nom était dû au cabaret "Saint-Georges", qui formait le coin de cette venelle et de l'impasse de la Barbe, et le nom du cabaret lui-même trouve son origine dans la proximité du Grand Serment des Arbalétriers de Saint-Georges. (On comprend pourquoi il est parfois difficile de se retrouver dans les méandres de l'Histoire). La dernière maison d'époque, dont le porche était surmonté de l'inscription gravée dans la pierre "Aux Caves- Anno 1560", qui était le très célèbre café estudiantin dénommé "A la Jambe de Bois" et qui possédait de très belles caves voûtées, disparut en 1960.
    Autre fait intéressant: le cabaret possédait une très belle enseigne représentant le saint. Cette enseigne se trouverait, parait-il, au Musée Communal.

impasse-de-la-barbe.jpg

Impasse de la Barbe et porche du café à la jambe de Bois en 1960 (Coll. d'Osta)

Sources:

- Plans de Bruxelles de 1550 à nos jours (De Tailly, Ferraris, De Boeck).
- Ouvrages d'histoire bruxelloise: Henne et Wauters, Verniers, Carlo Bronne, Ch. d'Ydewalle, Renoy.
- Jean d'Osta
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